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17 Déc 2010 

syndrôme prolongé de sevrage aux benzodiazépines

Je vous invite en cas de syndrôme de sevrage à porter plainte contre votre médecin, votre pharmacien, les médecins de la sécurité social qui cautionnent cela et le laboratoire fabriquant ces poisons (uniquement avec l'aide d'un médecin expert en pharmaco-biologie). Eux savaient :"ce que les usagers ne savent pas c'est que l'abus de médicaments sur ordonnance peut être plus dangereux que l’abus de drogues fabriquées illicitement." M. Emafo Président de l’OICS.

Pr Ashton en français

Pétiton et témoignages. Appel aux fabricants de benzodiazépines, aux médecins prescripteurs, à la FDA, à l'OMS et à l'Afssaps
 
"Certains de ces groupes de victimes des tranquillisants peuvent documenter sur des personnes qui ont encore des symptômes de sevrage dix ans après l'arrêt. " – Professeur Malcolm H Lader , Royal Maudesley Hospital, BBC Radio 4, Face The Facts , March 16,
 
Chez 10 à 15% des patients, les manifestations de sevrage ne disparaissent qu’après plusieurs mois, voire plusieurs années. On n’en connaît pas clairement la raison. Les principaux symptômes de sevrage de longue durée sont l’angoisse, l’insomnie, la dépres
 
Il est devenu évident que les symptômes de sevrage des benzodiazépines peuvent être longs, qu'il durent des mois ou des années, dans quelque 15% des utilisateurs à long terme (6).
 
J'ai vu des patients qui ont estimé qu'ils n'avaient pas retrouvé leur état précédent la prise de drogue benzodiazépines avant de nombreux mois ou années plus tard.
 
Pour certains utilisateurs chroniques de benzodiazépine, le sevrage peut être trés long. Une importante minorité, peut-être 10% à 15% développent un syndrome prolongé de sevrage aux benzodiazépines.
 
Une minorité de personnes sevrée des benzodiazépines semblent souffrir d'effets à long terme, appelés symptômes prolongés qui ne disparaissent pas au bout de quelques mois, voire même quelques années. On estime que peut-être entre 10 et 15 pour cent
 
syndrome de sevrage prolongée peut se développer suite à l'utilisation chronique d'alcool, les sédatifs hypnotiques, les benzodiazépines, les opiacés, les psychostimulants, et la nicotine, a déclaré le Dr Cohn
 
Les benzodiazépines sont les médicaments les plus notables pour induire un syndrome de sevrage prolongé avec des symptômes parfois persistantes pendant des années après la cessation de l'utilisation
 
Le sevrage aux benzodiazépines peut durer des mois, voire des années.
 
Il a été conclu que PWS (post withdrawal symdrome) est susceptible d'être un véritable état iatrogène, une complication à long terme du traitement aux benzodiazépines.
 
BENZOPROTRACTED est en anglais, est réservé aux syndrôme prolongé de sevrage de plus de 3 ans. Il compte : 539 survivants
17 Déc 2010 

syndrôme prolongé de sevrage aux antidépresseurs

des centaines d'histoires de syndrome prolongé de sevrage des antidépresseurs et listes des symptomes

Certains autres seront en mesure d'arrêter, mais se trouvent avec des problèmes qui persistent pendant des mois ou des années après
 
L'information la plus complète d'internet sur le déroxat et témoignage de syndrôme prolongé de sevrage aux déroxat
 
Pétition et témoignages. Vos commentaires en français sont les bienvenus
 
J'ai vécu 18 mois que je n'ai pas pu travailler à partir de syndrome de sevrage des antidépresseurs.
 
syndrome de sevrage prolongé aux antidépresseurs
Sevrer un médicament psychiatrique trop rapidement ou l'arrêter brutalement («cold turkey») peut conduire au syndrome de sevrage prolongé. Le rétablissement peut prendre des mois ou des années.
Bien que la médecine évite de le reconnaître, il ya peut-être 200-300 articles scientifiques et de nombreux rapports anecdotiques de patients victimes du syndrome de sevrage des antidépresseurs
-- Dans la plupart des cas, le système autonome est instable, avec désinhibition probable du locus coeruleus, générant des symptômes sans précédent d'anxiété, de peur et de panique, ce qui contribue couramment à de l'insomnie persistente
-- Se développe dans le contexte de la désensibilisation sérotoninergique provoquée par tous les antidépresseurs
-- N'est pas dégénérative ou évolutive
-- Formé d'un ensemble de symptômes qui sont assez communs
-- Très progressivement, récupération des schémas
Un syndrome de sevrage entraîne souvent une hypersensibilité aux médicaments psychiatriques, qui ne sont généralement d'aucune aide et souvent exacerbent les symptômes.

pétiton et témoignages.
 
pétition et témoignages. Vos commentaires en français sont les bienvenus

17 Déc 2010 

syndrôme prolongé de sevrage aux neuroleptiques



"Les témoignages recueillis par l'Aaavam (¹) sont accablants : dépression, tentatives de suicides, tremblements, dyskinésies tardives... jusqu'à dix ans après la prise de l'Agréal."

17 Déc 2010 

syndrôme prolongé de sevrage aux opioïdes

Opioïdes faible : tramadol, codéïne, buprénorphine... Opioïde fort : morphine, fenatyl, méthadone, oxycodome, hydromorphone...
Le syndrome de sevrage prolongée peut se développer suite à l'utilisation chronique
17 Déc 2010 

Les symptômes de sevrage

Souvent, les gens ne réalisent pas que le sevrage est à l'origine de leurs symptômes.

Peu connus des médecins, ces symptômes sont hélas trop souvent mal interprétés.
 
Agréal est un neuroleptique caché maintenant interdit à la vente.
17 Déc 2010 

enzymes et cytochrome P450

17 Déc 2010 

Les maladies "inventées" (et induites) par les médecins pour cacher les syndromes prolongés de sevrage

En France les syndrômes prolongés de sevrage étant niés par les médecins, par facilité et quelques fois ignrance, ils identifient les symtômes de sevrage aux psychotropes non pas commme tel mais comme une autre maladie : dépression, fibromialgie, syndrôme des jambes sans repos, syndrôme de fatigue chronique, phobie sociale.... et vous soignent avec : ... des psychotropes !! (attention, nous ne prétendons pas que toutes ces maladies soient dues aux seuls psychotopes...quoi que...)
La phobie sociale est "une pathologie inéxistante et exagéré" pour vendre des "médicaments" qui provoquent réélement ces maladies de manière iatrogène.
 
maladie iatrogène, torture chimique

la dépression provoquée par le médecin et les drogues prescrites
 
Les benzodiazépines sont a l'origine de nombreux cas d'alcoolisme dont les victimes n'en comprennent pas l'origine, et sur lesquels les médecins gardent un silence criminel.
 
Certains médicaments sont connus pour induire un SJSR. C'est le cas par exemple de nombreux antidépresseurs, de la plupart des neuroleptiques, des broncho-dilatateurs contenant de la théophylline,...(très important les...)
 
la piste d’une origine toxique (Fibromyalgie et Syndrome de Fatigue Chronique)

bipolaire
bon nombre de bipolaire sont en fait des victimes d'un syndrome prolngé de sevrage aux psychotropes
17 Déc 2010 

Le négationnisme médical

Afin d'éviter les poursuites, les médecins nient les effets des médicaments. Cette attitude devrait être condamné sèvèrement par les tribunaux.
"Bref, ce n'est pas simple est je pense que dans tous les cas, le terme de sevrage est inadapté après 3 mois. " ou : le forum atoute dans "mensonges et propagandes" (c'est une habitude)
Ces mensonges permétent d'empoisonnés des millions de personnes. On nous prend pour des cobayes !
17 Déc 2010 

Livres

de  Joan Gadsby's

Les symptômes de sevrage aigu et prolongé, sont décrits avec une explication du pourquoi ils peuvent se produire et comment y faire face
17 Déc 2010 

liens médicaments et psychotropes

"ce que les usagers ne savent pas c'est que l'abus de médicaments sur ordonnance peut être plus dangereux que l’abus de drogues fabriquées illicitement." M. Emafo Président de l’OICS.
Avocats, class action, condamnations...

La parole aux victimes
 
Les benzodiazépines, somnifères, tranquillisant et antidépresseurs tuent.
 
Les dangers de la toxicomanie aux benzodiazépines
 
" La personne qui a le plus de probabilité de vous tuer n'est pas un parent ou un ami ou un agresseur ou un cambrioleur ou un conducteur ivre. La personne qui risque le plus probablement de vous tuer est votre docteur."
 
Les dangers de la toxicomanie aux neuroleptiques
 
Les dangers de la toxicomanie aux antidépresseurs
 
Les dangers de la toxicomanie aux béta-bloquants
 
Les dangers de la toxicomanie à la ritaline
 
traduction de effexor activist
 
Les toxicomanies médicales et autres
 
mépronizine, donormyl, noctran, théralène, vastarel, nozinan, phénergan...
 
antihistaminiques
atarax, dépendance et antihistaminiques
17 Déc 2010 

témoignage syndrôme prolongé de sevrage aux benzodiazépines

17 Déc 2010 

syndrôme prolongé de sevrage au déroxat

déroxat :

si je n'avais pas partagé mon expérience avec d'autres malades je n'aurai vraiment crui qu'un médicament pourrait me causer tant de torture mentale et physique pendant 30 longs mois après l'arrêt du poison.







17 Déc 2010 

témoignage syndrôme prolongé de sevrage au déroxat

J'ai stoppé le deroxat il y a 8 ans, par diminution progressive en quelques mois, ce que j'ai cru à tort que serait assez long.

J'ai encore:
1) Les décharges électriques dans ma tête (mais pas aussi souvent et pas aussi mauvais que quand je recevrais ZAPPED environ 8 ans)
2) Insomnie.
3) Très fatigué tout le temps, chaque jour.
4) Les sautes d'humeur, parfois «heureux» d'autres moments, pleurer, souvent en quelques minutes.
5) Problèmes de mémoire - où j'ai mis mes clés il ya tout juste 10 secondes?
6) La confusion et le «brouillard des cerveaux» - quel jour on est?
7) sensibles à des lumières vives et le son, les sons en particulier soudaine qui peut envoyer comme des chocs électriques à travers mon corps tout entier.
8) une basse puissance sexuelle et impuissance - elle ne fonctionne pas - mais je voudrais avoir une petite amie pour cuddle up to.
9) Sensation de froid à l'intérieur encore chaud et la transpiration à l'extérieur comme si j'ai la grippe - mais pour autant que je sache, on ne peut pas avoir la grippe pendant huit ans !
10) spasmes musculaires très douloureux, comme les pulsations crampe.
11) Démangeaisons sous la peau, partout sur mon corps.
12) engourdissement à la surface de la peau.
12) Pins et des aiguilles partout, mais le plus souvent dans mes mains et les bras.
13) Mes mains ou des pieds twitch parfois ou se déplacer par eux-mêmes.
14) Parfois, Je ne vois pas correctement!
15) diminution du quotient intellectuel et je peux à peine écrire à la main et s'il vous plaît ne me demandez pas de faire maths - (J'ai utilisé d'être un technicien en électronique).

Les gens disent que je suis intelligent mais je sais que je suis un simple ombre de ce que j'ai l'habitude d'être - et je sais que d'autres personnes souffrent similaires ou pire (auquel cas ils ne peuvent pas s'en plaindre!) et cette drogue terrible qui a ruinée tant de vies, est encore sur le marché - et un ami a été mis sur elle alors qu'elle est allaiter son bébé! Paroles explicites sont justifiées mais pas autorisé et je ne suis pas encore allé et tout cela me fait tellement en colère.
17 Déc 2010 

témoignage syndrôme prolongé de sevrage aux benzodiazépines

J’avais 26 ans quand en novembre 2004 j’ai décidé d’arrêter de fumer. Je me sentais très bien dans mes baskets, j’avais une vie intellectuelle, sociale et professionnelle très riche, beaucoup d’amis, beaucoup de hobbies, un petit copain adorable, une famille formidable, mais j’avais cette vilaine habitude qui me contrariait beaucoup (j’en avais assez de l’odeur, de la dépendance, et je pensais que c’était le bon moment pour arrêter puisque tout allait bien dans ma vie). 
J’ai donc arrêté de fumer à l’aide de patchs mais sans suivi médical. Après la première semaine, je n’ai pas rencontré de difficultés particulières, mais au printemps de 2005 j’ai ressenti le manque de façon plus pernicieuse (je dormais mal, me réveillais la nuit et rêvais de cigarettes, et j’étais assez nerveuse). J’ai consulté une généraliste qui m’a prescrit de l’Effexor, que je n’ai pris qu’une semaine car il me rendait extrêmement malade. On m’a finalement prescrit Seropram (un antidépresseur) pour me détendre et Lexomil pour m’aider à dormir. 
Au départ je me plaignais uniquement de troubles de la mémoire et d’anorgasmie, je me rappelle avoir pour cette raison évoqué la possibilité d’interrompre mon traitement, ce à quoi mon médecin m’avait répondu : certaines personnes doivent prendre ces médicaments à vie.
Après quelques mois de traitement j’avais recommencé à fumer et surtout mon état psychologique s’était sévèrement dégradé (modification de ma personnalité, avec anxiété très forte, dépression, idées suicidaires, agressivité, obsessions, violence, hypomanie, insomnie sévère etc.). Cette aggravation de mon état était interprétée par mon médecin généraliste (et par moi-même) comme un besoin de traitement (et non pas comme un effet secondaire de ce même traitement), 
Malheureusement chez moi la dépendance s’est installée très rapidement avec accoutumance, ce qui fait qu’après quelques mois j’avais besoin d'augmenter les doses pour obtenir un répit, et surtout que je souffrais le martyr toutes les fois que j’essayais de limiter ma consommation ou de l’arrêter. 
En janvier 2006, désespérée de ne jamais venir à bout de cette dépendance, je suis allée consulter un psychanalyste – je pensais que j’avais une prédisposition PSYCHOLOGIQUE à la dépendance vu que je n’avais pas réussi à arrêter de fumer – et il m’a envoyée me faire traiter par une psychiatre qui a remplacé le Lexomil ... par le Rivotril !!! A l’époque je n’avais aucune idée de ce qu’étaient les benzodiazépines et une confiance absolue en la compétence des médecins. Au fil des mois, les symptômes ont continuer à s’aggraver (dépression sévère, apparition de l'agoraphobie, anxiété redoublée, repli complet sur soi) mais à nouveau cette aggravation a été interprétée comme endogène (et pas liée aux benzodiazépines. 
En février 2007, j’ai constaté que je commençais à augmenter les doses de Rivotril (sur une semaine, de 2-3 mg je suis passée à 4-5mg) pour pouvoir trouver le sommeil avant d’aller au travail (je ne dormais à l’époque plus que deux heures par nuit. Me rendant compte que je faisais la même chose qu’avec le Lexomil, j’ai eu une sorte d’illumination et je me suis dit : c'est peut-être le Rivotril qui m'empêche de dormir. J’étais en vacances (scolaires car je suis prof) et ma psy était d'accord pour que j’essaie de me sevrer ; j'ai donc arrêté le Rivotril sur 4 - 5 jours, pensant que l'arrêt me causerait quelques nuits blanches pendant deux semaines maxi. 
Et là !! Catastrophe. En quelques jours ... maux de tête extrêmement violents, tremblements, secousses de tout mon corps, sueurs, attaques de panique, impression que les immeubles me rentrent dans les yeux, tous les bruits m'agressent, agoraphobie extrême (incapable de sortir de mon appart, même sur le palier), spasmes très violents à l’estomac, nausées, vomissements, diarrhées, évanouissements, confusion extrême. Jointe par téléphone, ma psy dit que j'ai une gastro-entérite, le médecin de SOS médecins me fait une piqûre de Primperan, et je reprends le Rivotril à 0,5mg (car mes parents découvrent le manuel Ashton qui dit de diminuer tout doucement, mais je ne veux pas perdre le bénéfice de ces quelques jours de sevrage ... je pensais encore que ça ne durerait que quelques jours /semaines). 
A 0,5mg je suis retournée travailler ; j'ai tenu une semaine ou deux - j'étais totalement inapte, persuadée que les élèves se moquaient de moi, j'avais peur d'eux, je suais à grosses gouttes sur le bureau, j'avais l'impression que les murs le sol tout vacillait autour de moi, je ne me souvenais plus des prénoms de mes élèves, je corrigeais n'importe comment les copies, je pleurais à tout bout de champ, et j'ai fini par vomir en salle des profs devant tout le monde.
J'ai arrêté de travailler et commencé à diminuer lentement de 0,5 mg à 0,2 mg ; le calvaire a continué et a même empiré, toutes les fois que je diminuais le Rivotril un symptôme nouveau apparaissait, avec perte totale de mémoire longue et immédiate, perte de la faculté de lecture, d'écriture, de signature même de mon propre nom, je ne me reconnaissais pas dans le miroir, mes proches m'inspiraient une impression d'étrangeté folle, j'avais l'impression que mon corps n'était pas le mien, mes vêtements pas les miens, ma tête un ballon de foot, j'étais par ailleurs incapable de sortir seule, et très difficilement même accompagnée, et bientôt incapable de rester seule, je me cachais sous ma table, dans mon placard, si quelqu'un s'avisait de frapper à ma porte, la terreur, une paranoïa infernale, peur que les voisins m'entendent, et peur de les entendre aussi, les moindres bruits m'inspiraient une panique profonde, j'étais en sueur toute la nuit, je me mordais la langue tant mon sommeil était violent, mon coeur cognait dans tous les sens à tout instant, les mêmes symptômes en permanence, 24 heures sur 24, jusqu'à ce qu'en mai je voie ma première window (fenêtre de normalité où tous les symptômes disparaissent – ainsi nommée par le Professeur Ashton, GB) : j'étais redevenue moi-même, l'espace d'une demi-heure, la vieille Corinne, sans anxiété atroce, sans avoir le sentiment que tout allait s'effondrer dans la minute, capable de respirer normalement. Après des mois de souffrances continuelles, une deuxième window est venue me rassurer le 18 juillet, elle a duré 8 heures, et cette fois j'étais convaincue que c'était le médicament qui m'avait rendue malade comme ça (alors que la psychiatre disait que j'inventais ces symptômes, et le psychanalyste que je créais mes propres symptômes). 
Arrivée à 0,20mg j'étais incapable de diminuer sans avoir des symptômes traumatisants, à mes hallucinations auditives (impression qu'on m'appelle, impression qu'on me chante quelque chose, impression qu'on me dit quelque chose, bruits familiers de l'enfance) se sont ajouté des hallucinations visuelles et surtout tactiles (chien qui me saute dessus, personne qui me touche, objets qui m'attaquent, etc.). C'était donc l'horreur que je prenne des benzos ou que je n'en prenne pas, donc le 4 septembre (après avoir été bloquée entre 0,11mg et 0,20 mg du 9 juin au 4 septembre) j'ai arrêté et j'ai vécu cinq semaines d'enfer plus grand encore (comme si c'était possible :-((((. 
Puis vers le 5-10 octobre (??) je suis allée dans la rue un soir à 22 heures (la lumière rendait impossible toute sortie) et ça allait un peu mieux, j'ai réussi à faire le tour de pâté de maison, et les jours suivants j’ai réussi quelques exploits, faire mes courses seules, ou sortir au parc en bas de chez moi. Depuis cette période mes symptômes psychiatriques se sont atténués de façon très progressive, les uns après les autres (exceptés peut-être la dépression qui pointe trop souvent le bout de son nez), mes symptômes physiques atténués aussi en nombre mais pas en intensité, j’en ai hélas ai encore beaucoup et 'ils sont très durs à supporter lorsque je me trouve au creux de la vague. 
Aujourd'hui, après un an et cinq mois de sevrage total, et 24 mois après le début de mon sevrage, je ne peux pas : lire un livre ou un magazine en entier (je peux lire quelques articles mais parfois je ne comprends rien à ce que je lis néanmoins), conduire (car je suis dans un état de désorientation et de confusion mentale trop importants), gérer des affaires (payer mes impôts, appeler une administration), travailler, prévoir des choses, faire du sport, faire trop de marche.
Mais je peux (le plus souvent) : sortir dans la rue sans avoir peur, prendre un café à une terrasse, ne rien faire, manger normalement, dormir assez correctement. 
Mes symptômes principaux aujourd'hui : maux de tête, douleurs au dos, aux hanches, aux bras et aux mains, raideur de tout mon corps, surtout le matin après le réveil, mal aux pieds, vibrations dans mon corps, sensations de piqûres et de bourdonnements, spasmes musculaires, faiblesse musculaire énorme, acouphènes, cerveau en coton, vertiges, étourdissements, asthénie, diarrhée (tous les jours) ; nausées, sueurs, attaques de panique, anxiété, tristesse profonde (par vagues) ; vomissements, petits retours d'agoraphobie (devenu très rare).



17 Déc 2010 

témoignage syndrôme prolongé de sevrage aux antidépresseurs

Je cite:
Le syndrôme prolongé de sevrage aux antidépresseurs (pouvant durer des mois ou des années) n'est pas encore reconnu en France.
Exact! J'ai arrêté le Deroxat il y a 18 mois et suis loin d'être tirée d'affaire .Je précise que cet AD ne m'a pas été prescrit pour une banale déprime mais pour des raisons bien plus graves.
Antidépresseur=drogue dure
Aucune aide ni compréhension de la part du corps médical...
Heureusement je me suis inscrite sur le forum américain "Paxil progress" que je conseille vivement (Mais il faut maîtriser l'anglais).

17 Déc 2010 

témoignage France de syndrôme prolongé de sevrage aux antidépresseurs

Sous Deroxat durant plusieurs années ( Personnalité très anxieuse ,obsessionnelle et drame majeur survenu ds ma vie), j'ai réussi après 3 tentatives infructueuses, à me sevrer de ce poison...Mais à quel prix!
Je suis membre du forum "Paxil progress" aux USA,où j'ai découvert que TOUS les troubles que je ressens, 16 mois après l'arrêt, sont dûs à cet antidépresseurs : agoraphobie, raideurs et contractures musculaires rendant la marche difficile, vertiges, angoisse généralisée, perte totale de l'appétit, douleurs articulaires, et j'en passe. Lorsque je ne vais vraiment pas bien je me dis que le Deroxat a détruit ma vie. Lorsque je vais mieux je reprends espoir.
Comme disent les Américains: "Paxil is hell" (Le Paxil c'est l'enfer").
Honte aux laboratoires qui fabriquent ces poisons pire que des drogues dures, honte aux médecins qui les prescrivent ! Leur sevrage est un enfer!

17 Déc 2010 

témoignages de syndrôme prolongé de sevrage aux déroxat



"deroxat / seroxat  presque 32 mois après mon arrêt, je souffre toujours de ses effets"






traduction google






Il m'a fallu 22 longs mois de sevrage de deroxat et j'ai souffert de nombreuses terreurs mentales et traumatismes physiques. Je me suis sortie du déroxat depuis 10 mois et mon cerveau, mon corps sont encore à essayer de s'adapter à la vie sans lui.







17 Déc 2010 

Les responsables


17 Déc 2010 

témoignage

Traduction  d'un témoignage se trouvant :



Le point de vue d’un proche
Maureen Barraclough
Conférence “Beat the Benzos” (Grande-Bretagne), 1er novembre 2000.

[Le sevrage de Michael a débuté] il y a six ans, avec l’aide de notre médecin généraliste, qui, bien que reconnaissant son manque de familiarité avec le sujet, a fait de son mieux pour l’aider en lui faisant graduellement substituer le Diazepam au Lorazepam (Temesta, Ativan) en vue d’un sevrage progressif. Des symptômes sévères sont apparus dès le premier jour, et lors d’une consultation avec le Professeur Lader, celui-ci lui a appris qu’il faisait partie des rares personnes qui souffraient d’une intolérance à la substitution du Valium au Temesta.
Cela fait six ans que Michael éprouve, jour après jour, une souffrance physique permanente. Toutes les terminations nerveuses de son corps, tous ses muscles, et jusqu’à son foie sont affectés. Il est atteint d’une forme extrême d’hypersensibilité à la lumière, et il compare la douleur qui touche ses yeux à celle qu’on pourrait éprouver s’ils étaient lardés de coups de tournevis.
Ses intestins sont tellement atteints qu’ils lui causent régulièrement d’affreuses crampes abdominales. J’ai souvent eu à les purger moi-même pour soulager sa constipation.
Les terminations nerveuses de ses jambes sont dans un tel état qu’il peut à peine marcher. Cela fait maintenant plus de douze mois qu’il n’a pas pu laver ses jambes, le simple contact du gant de toilette le faisant atrocement souffrir. Ses pieds sont gonflés à la manière d’une baudruche.
Il prend ses repas assis sur un fauteuil, l’assiette maintenue au niveau de la poitrine, en raison du fort vertige qu’il ressent lorsqu’il s’attable. Il souffre de 69 effets secondaires répertoriés, et peut en avoir 40 dans la même journée, dont 6 de façon concomitante et permanente. Certains jours, au réveil, il tremble tellement que je dois tenir sa cuillère pour l’aider à prendre son petit déjeuner.
Pouvez-vous imaginer qu’on laisse une telle catastrophe se produire ? Ma vie a également été bouleversée, dans la mesure où je suis son principal soutien familial. Michael ne peut entreprendre aucune activité d’entretien de la maison pour laquelle il lui faudrait être debout ou atteindre des objets. Je dois l’aider à s’habiller et à lacer ses chaussures. Comme je suis à la conférence, il ne peut aller se coucher avant que je rentre et restera assis : il dormira sur un fauteuil. Il prendra un sandwich parce qu’il ne peut pas rester debout assez longtemps pour cuisiner, à cause de la douleur musculaire lancinante qu’il ressent au niveau des genoux et des cuisses.
Lui et moi sommes les victimes, non seulement des pratiques vicieuses et immorales des laboratoires pharmaceutiques, mais également de celles des gouvernements successifs qui se sont laissé corrompre. En ce qui concerne le garde des sceaux Monsieur Kennedy, je lui suggère de nous rendre visite pour se rendre compte de ce qu’est réellement la justice dans ce pays. Michael est aujourd’hui âgé de 56 ans, sa carrière a été gâchée, de même que ses ressources financières et sa qualité de vie. Son protocole de sevrage prévoyant une diminution d’un quart de milligramme tous les trois mois (soit un huitième de comprimé), il aura presque 70 ans à la fin de son sevrage.
On a évoqué la possibilité d’ouvrir des centres de jour où les personnes souffrant du syndrome de sevrage pourraient se rendre, dans la mesure où ils pourraient se déplacer. La création de ces centres nécessite un financement et ils seraient donc dépendants des humeurs du pouvoir politique en place. En outre, un tel centre pourrait-il mettre un terme au traumatisme psychologique dont Michael souffre ? Il ne rêve que d’une chose, avoir 35 ans et être en pleine santé, mais le réveil est douloureux : sa vie aujourd’hui est un véritable cauchemar.
Nous demandons compensation pour une vie gâchée. Michael souhaite seulement vivre un peu avant de mourir et l’argent lui permettrait d’employer l’aide à domicile dont il a besoin pour lui permettre de prendre les vacances qu’il n’a pas pu avoir pendant 22 ans. La compensation devrait être financée par les immenses profits des laboratoires pharmaceutiques et non pas par l’argent des contribuables, car cela contribuerait à dresser l’opinion publique contre nous – les compensations ayant été versées pour des bagatelles en ayant sali la signification.
Je tiens à la main la notice pharmaceutique du Diazepam (Valium), qui est apparue opportunément avec un nouveau conditionnement en Juin 1997. Gardons à l’esprit que le Lorazepam est dix fois plus fort que le Diazepam. Si cette information n’avait pas été tenue secrète, comme c’était le cas, si Michael avait eu accès à cette notice, il aurait su pourquoi il s’endormait à son bureau sans aucun signe annonciateur, et au jour d’aujourd’hui, les récepteurs de son cerveau n’auraient pas été aussi abîmés. De même sa capacité cognitive n’aurait pas été autant détériorée, ce qui lui aurait permis de questionner sans crainte son médecin généraliste hélas si ignorant ; si cette information n’avait pas été tenue secrète, la vie de Michael n’aurait pas été détruite de cette façon.
Si les laboratoires pharmaceutiques avaient été producteurs de biens électriques défectueux, responsables de moitié moins de dégâts que ces comprimés, ils auraient été contraints de dédommager leurs victimes et probablement mis en faillite.
Nous avons accumulé quantité considérable de preuves des dégâts occasionnés par ces comprimés, comment se fait-il que les laboratoires ne soient toujours pas sommés de rendre des comptes ? (…)
Pourquoi d’autres revendications ont-elles été couronnées de succès ? Les personnes qui les ont portées sont soutenues par de puissants syndicats ou associations, ils travaillent ensemble, et non séparément, il ne s’agit pas de groupes individuels sans logique d’action collective, mais ils travaillent en équipe.
L’action au niveau local a fait son temps. Je vous demande de mettre de côté la distance géographique et les différences politiques, de vous unir pour devenir une force avec laquelle il faudra compter. Nous devons entreprendre une action de grande ampleur, des manifestations massives devant les plus hautes juridictions.
Si chaque personne souffrant du sevrage aux benzodiazépines pouvait obtenir d’une personne qu’elle l’accompagne dans une marche de protestation, nous pourrions faire porter notre voix et notre désir de justice ne pourrait plus être ignoré comme nos courriers l’ont été. D’autres (…) l’ont fait avant nous, nous pouvons le faire. Que nous soyons faibles, ou valides, c’est aujourd’hui un nouveau point de départ, nous devons nous faire entendre avec force au nom de ceux qui ont été détruits.
Si nous continuons sans nous faire entendre du gouvernement et des compagnies pharmaceutiques, nous n’entreprendrons rien. Pour ma part je n’entends pas accepter en silence les souffrances que les laboratoires Wyeth et Roche ont infligées à Michael. Attaqués hier, nous devons aujourd’hui être assaillants. Merci.

03 Mar 2011 

LE SYNDROME PROLONGE DE SEVRAGE AUX BENZODIAZEPINES

LE SYNDROME PROLONGE DE SEVRAGE AUX BENZODIAZEPINES

 

Publié dans
Comprehensive Handbook of
Drug & Alcohol Addiction 2004

Professeure C Heather Ashton, DM, FRCP
2004


School of Neurosciences
Division of Psychiatry
The Royal Victoria Infirmary
Queen Victoria Road
Newcastle upon Tyne NE1 4LP

 

Nous avons déjà abordé le problème des symptômes prolongés de sevrage aux benzodiazépines (1,2). Ce chapitre propose une mise à jour de ces articles et comprend de nouveaux résultats de recherche.

Pour certains utilisateurs chroniques de benzodiazépines, le sevrage peut être un processus très long. Une importante minorité d’utilisateurs, qui avoisine les 10 à 15% (3), développe un syndrome prolongé de sevrage (4) pouvant durer des mois, voire des années. Ce syndrome, qui n’est naturellement pas une pathologie en soi, est vraisemblablement le produit d’une association de facteurs pharmacologiques et psychologiques en lien tantôt direct, tantôt indirect avec l’usage de benzodiazépines. Ce syndrome inclut (1) des symptômes pharmacologiques de sevrage, qui impliquent la réadaptation lente des changements induits directement par les benzodiazépines au niveau des récepteurs du cerveau (1,5 – 7) et (2) des symptômes psychologiques, qui résultent indirectement de l’usage prolongé des benzodiazépines, et incluent la révélation de capacités amoindries à gérer le stress et d’autres difficultés personnelles.

Ces symptômes se fondent en un tableau clinique complexe, compliqué d’autant par (3) la réapparition de l’anxiété ou de la dépression préexistante et (4) peut-être aussi par les effets neurologiques à long terme des benzodiazépines (1), qui sont mal connus.

Ainsi, le syndrome de sevrage aux benzodiazépines dans son ensemble est aussi difficile à définir et à identifier que l’est un accès de grippe, lequel peut être caractérisé par une superposition de pathologies diverses, comme une toxémie d’origine virale, une infection bactérienne secondaire, une dépression post-virale prolongée et des atteintes somatiques comme la cardiomyopathie.

Néanmoins, le fait de savoir que des symptômes peuvent être prolongés est important pour les praticiens en charge du sevrage aux benzodiazépines de leur patient. La façon dont le sevrage initial est mené peut également minimiser l’incidence, la sévérité et la durée des symptômes de sevrage prolongés et améliorer les chances de guérison.

I. LA PHASE AIGUE DE SEVRAGE

Il est généralement admis que la phase aiguë de sevrage “pharmacologique” aux benzodiazépines dure entre 5 et 28 jours, avec un pic de sévérité après deux semaines de sevrage, période après laquelle la plupart des symptômes reviennent au niveau qui précédait le sevrage (8-14). Cet ensemble de symptômes inclut des symptômes communs à tous les états d’anxiété, mais certains sont atypiques et considérés comme étant assez spécifiques au sevrage aux benzodiazépines (tableau 1).

Tableau 1. Symptômes courants de sevrage aux benzodiazépines

Symptômes communs à tous les états d’anxiété

Symptômes moins couramment rencontrés lors des cas d’anxiété et relativement spécifiques au sevrage aux benzodiazépines

Anxiété, attaques de panique, agoraphobie

Distorsions perceptuelles, impression de mouvement

Insomnie, cauchemars

Dépersonnalisation, déréalisation

Dépression, dysphorie

Hallucinations (visuelles, auditives),
perceptions faussées

Excitabilité, agitation, nervosité

Distorsion de l’image corporelle

Pertes de mémoire et faible capacité de concentration

Picotements, engourdissements, sensations altérées

Vertiges, étourdissements

Formication

Faiblesse, "jambes de coton"

Hypersensibilité sensorielle (lumière, bruit, goût, odeur)

Tremblements

Spasmes musculaires, fasciculation

Douleurs musculaires, raideur (membres, dos, cou, mâchoire, tête)

Acouphènes

Sueurs, suées nocturnes

*Confusion, délire

Palpitations

*Convulsions

 

*Symptômes psychotiques

*Habituellement circonscrits au sevrage rapide de doses élevées de benzodiazépines

Toutefois, la durée de cette phase aiguë a probablement été sous-estimée. En premier lieu, la plupart des études cliniques ne durent pas au-delà de 4 à 8 semaines après le sevrage, et l’évolution des symptômes qui peuvent perdurer n’est pas surveillée. En second lieu, la plupart des études n’incluent pas les expériences de rechute, alors que la raison de la rechute est souvent la persistance des symptômes. En effet, la persistance de hauts niveaux d’anxiété au-delà de 28 jours est souvent interprétée non comme un effet du sevrage, mais comme la réémergence d’un état d’anxiété préexistant, qui était maîtrisé par la benzodiazépine (14, 15), et a souvent comme conséquence le rétablissement du traitement aux benzodiazépines. Enfin, il est admis que le retour d’un niveau d’anxiété comparable au niveau précédant le sevrage, pour les patients qui ont réussi à se sevrer, correspond à la fin du syndrome de sevrage aux benzodiazépines.

Certaines données cliniques ne confirment pas ces hypothèses. L’observation de patients suivis sur des périodes plus longues suggère qu’il faut compter, chez certains individus tout au moins, un délai de 6 à 12 mois pour que disparaissent complètement (8,16 – 23) les symptômes typiques de sevrage aux benzodiazépines, ainsi les paresthésies, l’hypersensibilité sensorielle, les spasmes musculaires, les acouphènes, ainsi que d’autres symptômes moins spécifiques tels que l’anxiété, l’insomnie ou la dépression.

L’interprétation des symptômes préexistant au sevrage pose également problème. Les patients qui sont candidats au sevrage ont souvent des symptômes typiques de sevrage aux benzodiazépines, ainsi qu’une anxiété très importante, alors même qu’ils sont encore sous traitement (1,21). Bien que ces symptômes puissent revenir au niveau précédant le sevrage quelques semaines après un pic de sevrage aigu, les observations postérieures démontrent qu’une amélioration peut encore être constatée dans les mois suivants. Même sans traitement spécifique, ils peuvent atteindre des niveaux bien en deçà du niveau d’anxiété préexistant au sevrage, permettant parfois même à des patients de reprendre le cours normal de leur vie après des années d’incapacité (1,19,21).

 

II. LA PHASE PROLONGEE DE SEVRAGE

La phase aiguë de sevrage peut se fondre imperceptiblement en une phase plus prolongée au cours de laquelle les symptômes diminuent progressivement mais peuvent réapparaître par vagues (16,21) ponctuées de fenêtres de normalité qui se multiplient en fréquence et en durée jusqu’à une guérison éventuelle, quoique parfois incomplète. D’après les données actuellement disponibles, les symptômes qui sont le plus susceptibles de durer sont l’anxiété, l’insomnie, la détérioration cognitive, la dépression, un certain nombre de phénomènes sensoriels et moteurs et des perturbations gastro-intestinales (Tableau 2).

Table 2. Symptômes prolongés de sevrage aux benzodiazépines

Symptômes

Durée habituelle

Anxiété

Diminution progressive en un an

Insomnie

Diminution progressive en 6 à 12 mois

Dépression

Quelques mois : répond au traitement par antidépresseur

Détérioration cognitive

Amélioration progressive mais peut durer un an ou plus et être occasionnellement incomplète

Symptômes perceptuels
Acouphènes
Paresthésies – picotements

Engourdissement, douleurs, habituellement dans les membres et les extrémités

Disparition progressive, mais peuvent durer au moins un an et occasionnellement persister à jamais

Symptômes moteurs
Douleurs, faiblesse, tension musculaire, spasmes douloureux, tremblements, contractions, blépharospasme

Disparition progressive, mais peuvent durer au moins un an au moins et occasionnellement persister à jamais

Symptômes gastro-intestinaux

Disparition progressive, mais peuvent durer au moins un an et occasionnellement persister à jamais

A. Anxieté

L’anxiété persistant après la phase aiguë du sevrage peut être en partie dûe à la révélation d’un défaut d’apprentissage causé par les benzodiazépines. Ces médicaments causent des déficiences cognitives (23,24) et détériorent en particulier les stratégies de gestion du stress. Par exemple, Gray (25) et d’autres ont montré que les traitements comportementalistes de l’anxiété, y compris ceux visant à traiter l’agoraphobie, sont en général inefficaces tant que les patients prennent des benzodiazépines, mais deviennent plus efficaces lorsque le traitement est arrêté. Les patients peuvent avoir une faculté amoindrie à gérer les situations stressantes longtemps après le sevrage aux benzodiazépines. Une guérison complète peut nécessiter l’apprentissage de nouvelles stratégies pour remplacer les années de gestion par des moyens pharmacologiques.

En outré, le sevrage aux benzodiazépines peut révéler des problèmes de la vie du patient qui n’ont jamais été résolus. Tyrer (26) souligne, par exemple, que l’effet amnésique des benzodiazépines peut empêcher la résolution de stress personnels tels que le deuil. La nécessité de faire face à ces stress enfouis ou à demi oubliés à l’issue du sevrage peut prolonger l’anxiété et la dépression. Inversement, l’anxiété peut être aggravée par le souvenir d’une tentative antérieure de sevrage traumatisante, conduisant à des symptômes comparables à ceux du syndrome de stress post-traumatique (cauchemars et flashbacks).

Ainsi, la persistance ou l’aggravation de l’anxiété après le sevrage n’implique pas nécessairement la réémergence d’un état d’anxiété existant avant le sevrage. En effet, certains patients font, pour la première fois, l’expérience d’attaques de panique majeures et d’agoraphobie à l’occasion du sevrage, et peuvent développer temporairement un niveau d’anxiété plus sévère que celui qui existait lorsque les médicaments leur avaient été prescrits initialement. Néanmoins, ces symptômes tendent à diminuer de façon progressive après quelques mois, même sans traitement particulier, bien que le processus puisse être accéléré grâce à un soutien psychologique approprié.

B. Insomnie

Les benzodiazépines perturbent les cycles normaux du sommeil, en supprimant le sommeil lent, le sommeil paradoxal, et les rêves. L’arrêt des benzodiazépines engendre souvent une insomnie de rebond (27), et parfois des cauchemars et autres perturbations, notamment un syndrome des jambes sans repos, des myoclonies nocturnes, et des hallucinations hypnagogiques. Les perturbations du sommeil peuvent faire partie d’un syndrome prolongé de sevrage aux benzodiazépines mais subsistent rarement comme symptôme isolé. Quelques mois peuvent s’écouler avant qu’un rythme de sommeil normal soit rétabli.

C. Dépression

Bien que la dépression soit courante chez les usagers chroniques de benzodiazépines et puisse être aggravée par le traitement (23), elle est également un symptôme de sevrage à part entière (8-21). Les symptômes dépressifs peuvent apparaître pour la première fois après le sevrage, souvent quelques semaines après, et peuvent être sévères et prolongés des mois durant. Des suicides ont été signalés dans certaines études. Par exemple, parmi 50 patients en sevrage aux benzodiazépines (21), un patient s’est suicidé, trois patients ont développé des troubles dépressifs sévères, et 17 patients ont souffert d’une dépression suffisamment sévère pour nécessiter un traitement antidépresseur.

Il n’est pas établi que la dépression consécutive au sevrage serait la résultante directe de l’action pharmacologique des benzodiazépines, comme une diminution des niveaux de sérotonine, mais elle répond aux traitements antidépresseurs et disparaît après quelques mois. Aucune étude ne permet de savoir si elle peut revenir des années plus tard ou non.

D. Détérioration cognitive

Il est admis depuis longtemps que les benzodiazépines provoquent une détérioration cognitive, et notamment des troubles de la mémoire, même lorsqu’elles sont utilisées à doses thérapeutiques pour le traitement de l’anxiété ou de l’insomnie. L’acquisition d’informations nouvelles est déficiente, un effet probablement dû en partie à l’action sédative. Toutefois, certains effets amnésiques semblent être sans rapport avec la sédation (24). La mémoire épisodique (le souvenir d’événements récents) est particulièrement affaiblie, tandis que la mémoire somatique (mémoire des mots), la mémoire immédiate et la capacité à faire réémerger de vieux souvenirs sont relativement peu affectées. Des défauts particuliers dans la capacité visuelle et spatiale, ainsi que la difficulté à maintenir une attention soutenue ont également été décrites chez des usagers de long terme de benzodiazépines à dose thérapeutique (28).

Contrairement à la tolérance aux effets sédatifs des benzodiazépines, qui est développée rapidement, et à la tolérance aux effets anxiolytiques, qui apparaît plus lentement, une tolérance totale aux effets amnésiques et autres détériorations cognitives ne semble pas se développer,  même après plusieurs années d’usage chronique. De nombreuses études portant sur des usagers de long terme de benzodiazépines ont démontré des défauts d’apprentissage, de mémoire, d’attention et de capacité visuelle et spatiale (24,29 – 34). Ces effets sont plus prononcés chez les personnes âgées (35) et chez les grands buveurs (36).

Les capacités cognitives sont recouvrées progressivement après le sevrage aux benzodiazépines mais ce processus peut être lent et même incomplet, la détérioration cognitive persistant comme symptôme de sevrage prolongé aux benzodiazépines. L’amélioration des capacités cognitives après le sevrage aux benzodiazépines a été constatée chez des pensionnaires de maison de retraite (37) et chez des patients âgés sevrés d’hypnotiques après un traitement de long terme (38). Cependant, un certain nombre d’auteurs ont rapporté que les déficits cognitifs pouvaient persister chez des patients anxieux plusieurs semaines après le sevrage (39), même s’ils n’étaient plus apparents après trois ans et demi (40). Gorestein et al. (33) ont montré que le recouvrement des fonctions mémorielles et du fonctionnement psychomoteur pouvait être incomplet 10 mois après le sevrage aux benzodiazépines et Tata et al. (32) ont constaté une très faible amélioration des fonctions de la mémoire épisodique six mois après le sevrage aux benzodiazépines chez des utilisateurs chroniques. Bergman et al (41) et Borg (42) ont signalé que le recouvrement des capacités neuropsychologiques chez certains patients dépendants de hautes doses de benzodiazépines (qui n’avaient pas de problèmes d’alcool) pouvait être incomplet, un an et six ans après le sevrage. Curran et al. (38) mettent en avant l’hypothèse selon laquelle l’usage des benzodiazépines peut aggraver la détérioration cognitive liée à l’âge, et qu’il pourrait également contribuer aux changements induits par la consommation chronique de l’alcool dans le cerveau (36).

E. Symptômes moteurs et symptômes liés à la perception

Le tableau 1 dresse une liste de symptômes moteurs et symptômes perceptuels qui sont caractéristiques du sevrage aux benzodiazépines. Ces symptômes disparaissent en général après la phase aiguë du sevrage, mais peuvent parfois durer plus longtemps.

 1. Acouphènes

Les acouphènes peuvent résulter, à l’origine, d’une hypersensibilité sensorielle générale constatée tôt dans le sevrage, mais ils peuvent persister après la disparition des autres symptômes. Busto et al. (43) décrivent deux cas d’acouphènes persistant 6 et 12 mois après le sevrage aux benzodiazépines, et ils évoquent le cas d’un patient qui n’a pas réussi à se sevrer en raison de la persistance d’acouphènes sévères lors de chaque tentative. 

Ashton (1) signale quatre cas d’acouphènes unilatéraux ou bilatéraux apparaissant pour la première fois durant le sevrage aux benzodiazépines et persistant pendant plusieurs années. Trois de ces patients avaient de défauts acoustiques bilatéraux et symétriques, ce qui peut avoir causé ou aggravé leurs acouphènes. D’autres études de cas ont émergé, de façon sporadique, dans la littérature. Les acouphènes, qui sont généralement vécus comme localisés à un endroit précis, peuvent atteindre des niveaux presque intolérables. Un patient a décrit ses acouphènes comme une « aiguille de son » transperçant profondément sa tête.

2. Paraesthésies

Les fourmillements et engourdissements aux extrémités, au niveau du cuir chevelu ou du visage sont des symptômes communs au sevrage aux benzodiazépines, aux états d’anxiété et peuvent être associés à la spasmophilie. Ils peuvent être prolongés par une sensation persistante de piqûre d’aiguille (« pins and needles ») ou par une douleur sévère de type brûlure, sans cause neurologique avérée (5). Deux cas de ce type ont été décrits par Ashton (1)..

D’autres perturbations de la perception, notamment des sensations de mouvement, de vibration intérieure, et des impressions épidermiques anormales peuvent persister sans que soit détectée une quelconque psychopathologie.

3. Les symptômes moteurs :

L’accroissement de la tension musculaire, l’hyperréflexie, les tremblements, fasciculations et spasmes musculaires sont courants dans les premiers temps du sevrage. Ces symptômes peuvent être interprétés comme un effet rebond des propriétés myorelaxantes des benzodiazépines. Toutefois, un certain nombre de ces symptômes peuvent perdurer des mois ou des années, ainsi la tension, la faiblesse, les crampes musculaires, les frissons, les crises de tremblement, les spasmes musculaires et le blépharospasme (1,6). De même que pour les perturbations sensorielles, les symptômes moteurs prolongés ne sont pas nécessairement associés à de hauts niveaux d’anxiété ou à d’autres troubles de l’humeur.

4. Les symptômes gastro-intestinaux

Les symptômes gastro-intestinaux sont courants, à la fois lors de l’usage et du sevrage des benzodiazépines. Ils sont à rapprocher de la diarrhée nerveuse et du syndrome du côlon irritable, et peuvent être aggravés par l’hyperventilation (44). Ce type de symptômes est susceptible de disparaître après le sevrage mais est très courant chez les patients qui développent un syndrome prolongé de sevrage aux benzodiazépines. Les patients se plaignent de ballonnements, de douleurs abdominales, le plus souvent localisées au bas de l’abdomen, d’alternance de diarrhée et de constipation. Les symptômes semblent être aggravés par certains aliments, et les patients peuvent être convaincus qu’ils ont des allergies alimentaires ou souffrent de candidose intestinale, en dépit des résultats négatifs de leurs examens sanguins. Cependant, les phénomènes d’intolérance alimentaire et les réactions pseudo allergiques sont fréquents chez les spasmophiles, et peuvent être liés à la libération d’histamine (44).

La cause de ces symptômes lors du sevrage n’est pas clairement établie mais l’effet du sevrage aux benzodiazépines sur le fonctionnement gastro-intestinal et sur les réactions immunitaires mérite un examen attentif.

III. Les mécanismes pharmacologiques de la tolérance et des symptômes de sevrage

Les mécanismes pharmacologiques qui sous-tendent la tolérance et le sevrage sont encore mal compris. Le mode d’action des benzodiazépines est d’accroître l’activité du neurotransmetteur inhibiteur GABA (acide gamma-aminobutyrique) dans le système nerveux central, en interagissant avec les sites de récepteurs spécifiques situés sur le récepteur post-synaptique GABAa.

Toutefois, la découverte de l’existence de plusieurs types de récepteurs GABA a montré que les changements induits au niveau des récepteurs par l’administration chronique de benzodiazépines pouvaient être encore plus compliqués. Par exemple, un récepteur GABAa peut comprendre au moins 18 sous-unités (par exemple l’alpha1-6, le beta1-3 ou le gamma1-3) (45). La distribution dans le cerveau des différentes combinaisons de récepteurs, ainsi que leur affinité avec les agents qui exercent une action sur elles n’est pas la même (7). D’après des expériences d’extractions de gènes menées sur les souris, il semblerait aujourd’hui que les combinaisons contenant le sous-type alpha2 relayeraient les effets anxiolytiques des benzodiazépines ; que les combinaisons comprenant le sous-type alpha2 relayeraient les effets sédatifs et amnésiques, et que les combinaisons comprenant le sous-type alpha2 entre autres sous-types, relayeraient les effets anti-convulsivants (45). Une étude récente des mécanismes probables de la tolérance aux benzodiazépines (7) suggère que l’administration chronique de benzodiazépines provoque une série de réactions dans lesquelles le dédoublement du lien entre le GABAa et les sites de récepteurs aux benzodiazépines conduit à la dégradation spécifique de certaines unités des récepteurs GABAa. Celles-ci sont alors assimilées au neurone et transmettent à leur tour un signal pour que change la réponse génétique, ce qui engendre une adaptation homéostatique de long terme à la présence chronique des benzodiazépines. Il est possible que cet enchaînement se fasse en un temps qui varie suivant le sous-type de récepteur et ou la région du cerveau concernée, ce qui peut expliquer que la tolérance aux différents effets des benzodiazépines ne se développe pas au même rythme. Dans ce modèle, une fois que la tolérance s’est développée, le sevrage mettrait à nu toutes les altérations induites par les benzodiazépines au niveau des récepteurs GABA, qui ne sont plus neutralisés par la présence du traitement. La conséquence en serait une sous- activité des nombreux domaines où le fonctionnement du système nerveux central est normalement modulé par les mécanismes GABA-ergiques. Dans la mesure où le GABA est un inhibiteur universel d’activité neuronale et qu’il réduit la libération d’un grand nombre de neurotransmetteurs excitateurs (acétylcholine, noradrénaline, dopamine, sérotonine, glutamate) (46), cela conduirait à une poussée de l’activité nerveuse excitatrice. Il a été rapporté une libération accrue de dopamine, de noradrénaline et de sérotonine dans certaines régions du cerveau chez le rat durant le sevrage aux benzodiazépines, mené après une administration chronique. (47, 48). Cette libération de neurotransmetteurs excitateurs, conjuguée à un accroissement, en aval, de la sensibilité des récepteurs excitateurs, peut rendre compte de nombreux symptômes de sevrage aux benzodiazépines. Le réajustement des récepteurs GABA, modifiés lors du développement de la tolérance, peut se produire de façon lente après le sevrage, et à des rythmes variés (7), ce qui explique probablement que les symptômes de sevrage ne se déclarent pas au même moment et qu’ils ne soient pas de même durée selon chez tous les individus (1,18), ainsi que le fait que le syndrome de sevrage aux benzodiazépines puisse être parfois prolongé (1,2). Ainsi, le caractère durable des perturbations perceptuelles et musculaires décrites ci-dessus suggère que les benzodiazépines peuvent causer une hyperexcitabilité de long terme du système nerveux somatique.

Les résultats obtenus avec le flumazénil, un antagoniste compétitif des récepteurs aux benzodiazepines, démontrent que les transformations des récepteurs GABA sont impliquées dans la tolérance aux benzodiazépines et dans le sevrage aux benzodiazépines, y compris dans les symptômes prolongés. Bien que de faible envergure, deux études cliniques contre placebo ont prouvé que le flumazénil peut inverser ou atténuer les symptômes persistant après le sevrage aux benzodiazépines (6, 49). Lader et Morton (6) ont souligné qu’une administration intraveineuse de flumazénil soulageait rapidement les symptômes prolongés de sevrage persistant entre 5 et 42 mois après le sevrage aux benzodiazépines (y compris la tension musculaire, les paresthésies, la faiblesse musculaire, les crampes ou spasmes musculaires, les frissons et tremblements), alors que l’administration de saline n’apportait aucun soulagement.  L’amélioration des symptômes pouvait varier de 27 à 82%. L’anxiété, la dépression et les difficultés de concentration étaient également soulagées mais ceci pouvait être une conséquence de l’amélioration somatique.  Naturellement, le flumazénil peut provoquer des réactions de sevrage chez des patients sous traitement chronique de benzodiazépines (50-53), mais certaines études rapportent également qu’il peut réduire certains symptômes durant le sevrage chez des patients tolérants aux benzodiazépines (54-56). Nutt (5) examine les mécanismes probables de ces effets, par exemple le réajustement des récepteurs aux benzodiazépines.

IV. AUTRES MODIFICATIONS DU CERVEAU

Dans la mesure où la tolérance aux changements cognitifs et la guérison de la détérioration cognitive causée par l’usage de long terme des benzodiazépines sont incomplètes, et que certains symptômes neurologiques semblent persister indéfiniment, il est difficile d’expliquer ces symptômes en terme de réadaptation lente des récepteurs. Il est possible que certains changements au niveau des récepteurs ne soient pas totalement réversibles, mais on ne peut pas exclure que l’usage des benzodiazépines à long terme puisse créer des atteintes neurologiques permanentes.

Curran et al (38) avancent qu’un traitement chronique de benzodiazépines peut être impliqué dans le déclin cognitif lié à l’âge et la démence sénile, qui sont l’un et l’autre associés à la perte de cellules neuronales et à une atrophie corticale. L’hypothèse selon laquelle l’usage de long terme ou de hautes doses de benzodiazépines pourrait causer des atteintes structurelles au cerveau n’est pas établie sans équivoque. Deux études de scanners (tomographie axiale calculée par ordinateur) ont donné des résultats contradictoires (57,58). Cependant, une étude menée par Schmauss et Kried (59) a montré un élargissement significatif des ventriculaires cérébraux, lié à la quantité de benzodiazépines administrée à forte dose et de façon chronique à 17 patients qui n’avaient pas de problèmes d’alcool. Une autre étude basée sur l’examen de scanners (41) a signalé que certains sujets (7 patientes sur 29) qui avaient consommé de fortes doses de benzodiazépines montraient des signes d’atrophie cérébrale, cette incidence étant significativement plus importante que celle observée chez un échantillon de 200 sujets témoins féminins. Moodley et al. (60) ont observé des anormalités marginales sur des scanners (réductions de densité du lobe frontal du cerveau et d’autres régions) chez des usagers de long terme de lorazépam, mais pas chez les usagers de long terme de diazépam. Ces résultats sont difficiles à interpréter mais suggèrent que l’usage de long terme de lorazépam peut provoquer des changements neuroanatomiques mineurs. Toutefois, ces chercheurs précisent qu’aucune conclusion anatomique ou physiologique ne peut être tirée de cette étude pour le moment. Les travaux les plus récents (61) basés sur l’étude de scanners de 20 consommateurs de benzodiazépines de long terme, âgés de 23 à 59 ans, comparés à ceux de 36 témoins de même âge et de même sexe n’ont montré aucune différence dans l’atrophie cérébrale des deux groupes et ont conclu que l’administration de long terme de benzodiazépines ne provoque pas d’anormalités cérébrales qui seraient visibles sur scanner. Par conséquent, les données actuelles suggèrent que le risque d’atrophie corticale, s’il existe, concerne principalement les usagers de benzodiazépines à long terme et à forte dose, et peut être combiné à l’abus d’alcool.

Il est indispensable de mener des recherches complémentaires, appuyées sur des techniques d’imagerie médicales de pointe, pour confirmer ou infirmer l’hypothèse selon laquelle les benzodiazépines pourraient provoquer des lésions neurologiques permanentes.

 

V. IMPLICATIONS POUR LA GESTION DU SEVRAGE

Le traitement de la dépendance aux benzodiazépines doit prendre en compte le sevrage prolongé aux benzodiazépines, et le soutien thérapeutique ne doit pas être interrompu trop tôt (4). Les deux axes principaux d’une stratégie de sevrage réussie sont la réduction progressive de la dose et le soutien psychologique. Une gestion attentive du sevrage initial est importante car elle détermine la probabilité de succès du sevrage et, surtout, elle permet de réduire l’incidence et la sévérité des symptômes prolongés de sevrage.

A. La réduction de la posologie

Il est admis que la posologie doit être réduite progressivement chez les consommateurs de long terme de benzodiazépines. Le rythme du sevrage doit être adapté au style de vie du patient, ainsi qu’à sa personnalité, aux facteurs de stress environnementaux, aux raisons pour lesquelles il a pris des benzodiazépines, et au degré de soutien dont il dispose. Pour la plupart des patients qui prennent des benzodiazépines à doses thérapeutiques, le sevrage peut se faire en ambulatoire. Cette méthode, qui maintient le patient dans son propre environnement, permet de laisser les ajustements pharmacologiques et psychologiques se faire progressivement et permet également au patient de continuer le cours de sa vie tout en construisant des stratégies alternatives de gestion du stress.

Pour les usagers de doses élevées en revanche, une hospitalisation peut-être indiquée – le sevrage peut y être débuté, sous surveillance, à une vitesse plus élevée. Lorsque des doses plus modérées sont atteintes, le sevrage peut être poursuivi de la même façon que pour les usagers de doses thérapeutiques.

En règle générale, le sevrage des benzodiazépines à demi-vie longue, comme le diazépam, est plus facile – le diazépam étant par ailleurs disponible en faibles posologies. Il est conseillé de faire procéder, chez les patients prenant des benzodiazépines puissantes à élimination rapide, comme l’alprazolam,  à une substitution du diazépam. Des conseils détaillés concernant les protocoles de sevrage de différentes benzodiazépines sont proposés par Ashton (62) et fournis sur Internet à l’adresse www.benzo.org.uk. Contrairement à ce que l’on croit, les symptômes de sevrage ne sont pas inévitables si la réduction de posologie est menée de façon suffisamment progressive.

A l’heure actuelle, aucun élément ne permet de démontrer qu’il existe un traitement médicamenteux pouvant aider à prévenir ou soulager le syndrome de sevrage. Dans certains cas, les antidépresseurs, les bétabloquants (pour soulager les palpitations ou les tremblements), ou la carbamazépine (pour aider au sevrage de fortes doses de benzodiazépines) peuvent recevoir une indication (63). La buspirone est inefficace (17,20). Bien qu’il ait été utilisé avec succès lors de certains essais (54-56), le flumanézil n’est pas adapté à un usage chronique car il a une durée d’action courte et nécessite une administration intraveineuse. Le zopiclone, le zolpidem et le zaleplon sont contre-indiqués dans la mesure où ils ont le même mode d’action que les benzodiazépines, qu’ils engendrent de la dépendance et sont parfois détournés de leur usage thérapeutique. Il a été signalé que la gabapentine a été efficace chez un patient (64) mais ces résultats n’ont pour le moment pas été confirmés par des essais contrôlés.

B. Le soutien psychologique

Malgré une réduction de posologie très graduelle, certains patients dépendants des benzodiazépines peuvent développer des symptômes (Tableau 1), et un protocole de sevrage adapté devrait inclure une forme ou une autre de soutien psychologique. Le degré de soutien nécessaire dépend de chacun : pour certains, des encouragements et une information suffiront, tandis que d’autres auront besoin de thérapies cognitives et comportementales, ou d’autres types de thérapies. Les personnes souffrant de polytoxicomanie et faisant un usage abusif de fortes doses de benzodiazépines peuvent avoir besoin d’un traitement particulier pour régler certains aspects de leur toxicomanie, même si leur anxiété et leurs autres symptômes de sevrage sont similaires à ceux des usagers de doses thérapeutiques. Un soutien approprié devrait être disponible pendant la durée du sevrage, mais aussi durant une période prolongée par la suite.

Les patients qui ont le plus de mal à se sevrer et qui sont le plus vulnérables au syndrome de sevrage prolongé sont les patients qui avaient des niveaux élevés d’anxiété avant le sevrage, ceux qui ont des troubles de la personnalité, et ceux qui sont soumis à des facteurs de stress environnementaux. Toutefois, aucun de ces facteurs n’est une contre-indication au sevrage chez des patients motivés.

Malheureusement, aucun traitement ne s’est montré efficace pour les quelques patients qui développent des symptômes neurologiques prolongés, même si l’intensité de ces symptômes tend à diminuer au fil du temps. Dans la majorité des cas, on constate qu’un sevrage aux benzodiazépines mené lentement et avec un soutien bienveillant, a de grandes chances de bien aboutir. La plupart des patients se sentent mieux que lorsqu’ils prenaient des benzodiazépines, et constatent une amélioration de leur santé tant physique que mentale. (2,38,65).

Résumé et conclusions

Chez une minorité de patients, le sevrage aux benzodiazépines est suivi d’un syndrome prolongé de sevrage qui peut durer de nombreux mois. Ce phénomène peut être expliqué par des facteurs à la fois pharmacologiques et psychologiques. Parmi ces symptômes, on retrouve l’anxiété, l’insomnie, la dépression, la détérioration cognitive, et un ensemble de perturbations perceptuelles, motrices et gastro-intestinales. Le traitement initial de la dépendance aux benzodiazépines devrait prendre en compte la possibilité de survenue de ces symptômes prolongés, car ils peuvent être minimisés par une réduction graduelle de posologie et un lien thérapeutique de long terme, avec un soutien psychologique approprié.

Références

Ashton H. Protracted withdrawal syndromes from benzodiazepines. J Subst Abuse Treat. 1991; 8: 19-28.

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21 Avr 2012 

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